L'IA est adaptée à des besoins professionnels de bas de gamme, qui constituent beaucoup du travail administratif de plein de gens. Malgré ses défauts connus, l'IA aide ces personnes à survivre au capitalisme finissant.
Tant que les critiques de l'IA ne pigent pas ce qu'elle apporte, elles ne comprendront pas pourquoi l'IA prend dans la société. Les critiques sont des gens privilégiés qui n'ont pas besoin de l'IA.
Les IA ne lisent pas le code des pages, elles lisent ce que les moteurs de recherchent affichent dans les résultats. En modifiant la meta description ET en faisant réindexer des pages par Google, les infos de la méta finissent dans certaines IA. Celles qui s'appuient sur Bing (où il n'y a pas eu de réindexation) ne reprennent pas l'info.
La balise meta description peut être réécrite par Google et ne pas s'afficher dans les SERP. Mais il ne faut pas la négliger, car elle sert ailleurs.
Plus on comprend le fonctionnement de l'IA, moins on veut l'utiliser. À l'inverse, moins on la comprend, plus on l'apprécie et elle nous émerveille. On se préoccupe aussi moins des conséquences négatives de l'IA sur les autres quand on la connaît mal.
Une littératie calibrée permettrait que les gens comprennent suffisamment l'IA pour l'utiliser efficacement... sans les dégoûter de l'utiliser tout court. Dans d'autres domaines, celles et ceux qui en savent le plus sont aussi celleux qui apprécient le plus la chose : avec l'IA non.
Mise-à-jour : Un article de 2026 précise que cette étude a été répliquée 6 fois avec les mêmes résultats.
Les traducteurs et traductrices sont spécialement touchés par l'IA, alors qu'elle n'apporte presque rien de plus que les technos précédentes (qui menaçaient déjà leur job). Mais la hype constante aide à couper leur salaire et à supporter les mauvaises traductions.
Des groupes s'organisent pour lutter contre ça, parce qu'on perd quelque chose si on ne traduit plus rien correctement. La suite de l'article est une série de témoignages de traducteurices.
On ne peut pas "mettre des humains" pour vérifier le travail d'un IA ou limiter ses erreurs. Soit on automatise tout, soit on fait tout à main. Évaluer un résultat suppose de comprendre ce qu'a fait la machine et pourquoi : l'humain doit repenser toute la tâche lui-même pour l'évaluer.
De plus, les LLM génèrent des résultats plausibles, qu'ils découragent de vérifier : ils rendent la tâche encore plus difficile, alors que les humains ne sont pas doués pour inspecter des erreurs (lire du code est plus dur que de l'écrire).
Les chatbots IA permettent de mieux s'en sortir quand on en connait pas les mots pour désigner ce qu'on cherche. Mais ils échouent à poser les bonnes questions pour orienter l'utilisateurice. À la place, ils génèrent un texte trop long et mal ciblé.
La nature opaque et nébuleuse de l'IA empêche les gens de découvrir tout ce qu'iels pourraient faire avec. Mais l'IA ne résout pas toutes les difficultés liées à la recherche d'information, surtout quand ses résultats sont faux.
L'IA n'a pas fait disparaitre le besoin de recherche classique, et des usages mixtes coexistent. L'IA permet d'aller plus vite pour définir l'info dont on a besoin, pour évaluer et choisir des sources, pour scanner une info très dense, comparer des points de vue et synthétiser des infos.
Mais les utilisateurices ne savent pas tous qu'ils peuvent utiliser les chatbots pour chercher de l'info, même quand iels les utilisent déjà par ailleurs. In fine, l'usage de l'IA ou pas (et de quelle IA) s'explique beaucoup par la familiarité et l'habitude : on ne change pas ce qui nous convient.
L'IA est une idéologie, pas une technologie. Une idéologie qui pense que l'intelligence est quantifiable, mesurable, et qu'elle fonde les inégalités sociales. Son objectif est de renforcer les inégalités. C'est une idéologie capitaliste, eugéniste et suprémaciste blanche dans une esthétique techbro. Effacer la distinction savoir / ignorance lui permet de faire de la vérité à la simple conséquence du pouvoir. Déqualifier les gens lui permet de mieux les dominer.
L'IA générative pourrait provoquer la fin du web ouvert, avec une concentration de l'attention dans les chatbots, des contenus soumis aux IA mais non publiés ailleurs, des pubs générées à la volées. La génération de contenu à la volée deviendrait la norme.
"L’idée finalement très partagée par tous les géants de l’IA, c’est bien d’annoncer le remplacement du web que l’on connaît par un autre. Une sous-couche générative qu’il maîtriseraient, capable de produire un web à leur profit, qu’ils auraient avalé et digéré."