Les appels à réguler l'IA sans refuser l'IA sont sur une ligne intenable. Il supposent que la technologie est neutre, alors qu'elle est produite une société donnée, pour servir ses besoins. Or notre société est organisée autour de l'accumulation de capital, pas autour des besoins humains ou des contraintes naturelles.
La recherche, le financement et le développement des IA répond à un besoin majeur du capital : relancer le taux de profit, au moyen de l'automatisation. Ces dernières décennies, le système capitaliste n'arrive plus à produire des gains de productivité (l'innovation coûte cher).
L'IA répond au besoin du capital, mais en l'imposant partout, on en en fait un besoin social, accepté et voulu par les humains. Les gens pensent que c'est "utile" et imaginent qu'on pourrait avoir une IA sans les "dérives". Mais l'usage militaire de l'IA et la désinformation sont une fuite en avance nécessaire pour le capital.
La guerre est une réponse classique au ralentissement de la croissance. La falsification du réel permet d'imposer l'idée que l'IA est un besoin essentiel pour l'humain... Alors qu'en réalité, elle aggrave les crises contemporaines. Sans mensonge, pas d'IA.
Les appels à réguler l'IA passent à coté du problème. Le prix de la production de richesse capitaliste est aujourd'hui la destruction (écologique, humaine, sociale...). Et on ne régule pas la destruction, on la combat.
Comme moyen de la destruction, l'IA n'est d'ailleurs même pas "régulable". L'industrie numérique de ne va pas se saborder d'elle-même, et les États sont en voie de fusion avec le capital privé : leurs intérêts convergent.